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Délocaliser les ministères en province ? #Proposition1

Mis à jour : il y a 3 jours


La période du grand débat national, faisant suite à la crise des gilets jaunes, a vu naître la mise en place de certains ministères en province pour quelques jours dans une logique symbolique de rapprochement entre les dirigeants et leurs administrés.

Comme une réponse à la crise de la représentation, le pouvoir s’est temporairement délocalisé pour montrer sa proximité avec les Français, mais la mesure n’a jamais été pérennisée.


Notre proposition.


Et si certains ministères, ceux qui n'ont pas besoin d'être dans la capitale, étaient délocalisés en province? Quels en seraient les effets, et lequels seraient concernés?


La proposition n’est pas nouvelle, et elle est plus qu’ambitieuse. Elle implique pour l’état des frais importants liés au déménagement des ministères et un changement psychologique dans la manière qu’on les services administratifs de concevoir le pouvoir central comme émanant de Paris.

Mais les bénéfices d’une telle réforme, peuvent, eux aussi, présenter des conséquences importantes.


Le symbole de la cohésion sociale.


La délocalisation des ministères fait partie des mesures en faveur de la cohésion sociale. Elle a pour effet de donner davantage de sens à l’idée d’une collectivité de citoyen , qui élit démocratiquement ses dirigeants. Car une telle mesure fournit la preuve directe d’une proximité entre la classe politique gouvernante et les territoires.

Quoi de plus que le symbole pour assurer la cohésion?

En se délocalisant en province, un ministère apporte avec lui les choix et les décisions.

Car si chacun peut douter librement de la capacité des gouvernants à entendre les besoins des administrés, personne ne peut nier la reconnexion évidente qu’engendre la déconcentration.


La revitalisation des territoires délaissés.


Un ministère, c’est aussi et une quantité d’emplois et d’activités gravitant autour du service. Au delà du symbole, les délocalisations peuvent permettre une revitalisation du tissu économique de certains territoires, là où notamment certains d’entre eux se sentent délaissés ou connaissent des désertions.

Où les entreprises privées reculent, parce qu’elles ne trouvent pas des incitants suffisamment grands pour s’installer, il doit être du rôle de l’administration publique d’assurer le relais de l’emploi.


L’Etat assure ainsi doublement sa fonction: en renforçant la cohésion sociale par la délocalisation, et en revitalisant les territoires par cette dernière.


Une nouvelle forme d’organisation de l’état.


Dans cette forme d’organisation, ou la déconcentration devient un leitmotiv, une bonne partie des problèmes récurrents de représentativité sont abolis.

La réduction du sentiment de déconnexion ou encore la hausse de la visibilité des ministres et de leurs actions sont aujourd'hui des exigences essentielles du fonctionnement politique.

La crise des gilets jaunes, qui s’est faite le flambeau des questions de représentation, a mise en exergue le ressentiment que provoquait l’image d’un pouvoir parisianno-centré.


Mais Paris doit rester, en qualité de capitale, le coeur du pouvoir étatique. Cependant, rien n’empêche d’avoir “un président qui gouverne et un gouvernement en campagne”.



Quelles sont les conditions d’une telle délocalisation?


Tous les ministères ne peuvent pas être traités sur un pied d’égalité. Certains, par la nature de leurs fonctions, ne peuvent s’éloigner du pouvoir central.


Les fonctions régaliennes doivent rester à Paris.


On imagine difficilement placer les fonctions régaliennes; c’est à dire la justice, la défense l’intérieur et l’économie; loin de Paris.

Pour deux raisons principales: Paris, en tant que capitale du pays, doit nécessairement continuer de rayonner par les institutions qu’elle porte. Aussi, les sujets traités par les ministères régaliens sont ceux qui portent en eux les plus grands enjeux.


Or, c’est à Paris que restent les meilleures infrastructures pour assurer la une gestion de crise ou une communication optimale. Enfin, ces ministères, à l’inverse de ceux plus mineurs, portent en eux l’exigence de lien permanents avec les services du premier ministre et ceux de la présidence de la république.


Exemples concrets.


En revanche, rien n'interdit aux ministères tels que ceux du travail, de la santé, de l'agriculture ou encore de la jeunesse et des sports de se délocaliser dans des villes françaises de taille moyenne en perte d'attractivité. Les effets sont doublement bénéfiques: les agents du service ministériels bénéficieraient ainsi d'un cadre de vie renouvelé pour des fonctions équivalentes à celles tenues à Paris, et l'image de ces villes serait redorée par l'arrivée d'une partie du pouvoir gouvernemental.


Le problème de la distance.


On pourra largement critiquer le manque d’efficacité que peuvent engendrer de telles mesures.


En effet, elles impliquent pour chaque ministère une augmentation des frais de déplacement à l’occasion des conseils des ministres, des réunions interministérielles ou des entretiens dans la capitale. Mais répondre ainsi, c’est aussi nier les avancées technologiques faites aujourd’hui en matière d’outils de communication à distance. La visioconférence et les outils de travail à distance sont désormais développés partout, et les grandes entreprises réalisent déjà toutes leurs rendez vous avec des collaborateurs éclatés aux quatre coins du monde.


De fait, les ministres se déplacent partout sur le territoire pour aller faire appliquer leurs mesures et défendre leurs actions. Notre proposition devrait avoir pour effet de rendre les déplacements à Paris habituels, au même titre que ceux dans le reste de la France -et c’est sans compter sur la rapidité des lignes à grande vitesse qui traversent la France.


Bien sûr, des exigences demeurent et l’on imagine mal un conseil des ministres se réaliser dès demain par une plateforme entièrement numérisée: mais au regard des évolutions que le numérique a déjà amené en politique, la délocalisation des ministères ne semble pas si lointaine.


Un allègement pour les comptes de l’Etat.


Enfin, la délocalisation peut présenter des effets vertueux en termes budgétaires. Tandis que les bâtiments qu’occupent aujourd’hui les ministres et leurs services sont situés en plein Paris, et valent très cher du fait de leur localisation et de leurs aspects souvent historiques; la province présente l’avantage d’une réduction des coûts.


La gestion et l’entretien d’un ministère au coeur de Paris est un argument financier en faveur d’une délocalisation. L’abandon des bâtiments actuels par les ministères pourrait laisser la place à des mises en locations lucratives supérieures aux coûts engendrés par le déménagements des ministères en province.


En bref, la délocalisation de certains ministères en provinces est rendue possible par les avancées technologiques, et est rendue nécessaire par la demande citoyenne d’une représentativité accrue des dirigeants.